Et si la révolution digitale de l’immobilier d’entreprise passait par la PropTech ?

Publié le 27/05/21 dans Transition numérique du bâtiment


L’immobilier se lance aussi dans le développement digital. Longtemps resté dans son jus malgré de multiples tentatives de révolutions, ce secteur commence à se développer. Des start-ups lancent le défi d’accélérer ce développement technologique pour que ce secteur s’adapte à l’économie du XXIe siècle.

PropTech, Késako ?

Qui n’a pas encore entendu parler ou même utilisé des applications permettant de se faire livrer des repas à domicile ? Aujourd’hui, plusieurs startups misent sur ce secteur combinant restauration et technologie, plus connu sous l’appellation « foodtech ».

Dans l’univers immobilier, le même écosystème a été initié avec le lancement de la « PropTech ». Ce projet combine la technologie avec property. Il réunit les principaux acteurs dans le domaine, notamment les start-up. L’idée serait de révolutionner toute la chaîne de valeur du secteur de l’immobilier. Concrètement, il s’agira de mettre en relation de l’intelligence artificielle permettant d’alimenter les dispositifs complexes. Rappelons que ces derniers s’utilisent notamment pour l’optimisation commerciale, administrative technique sur la gestion d’un bâtiment.

Plusieurs branches régionales se réunissent au sein de ce projet dans le cadre du mouvement « French PropTech » ou « Real Estech ». Ce sont principalement des entrepreneurs spécialisés dans la tech en immobilier. Ils offrent leur assistance dans le cadre de la mutation digitale. Ce sont ainsi de véritables « think tank » pouvant assurer la représentation de l’univers immobilier auprès des pouvoirs publics. D’ailleurs, les statistiques montrent que plus de 400 start-up en France s’activent dans l’immobilier et la construction. Ce chiffre équivaut à une capitalisation de 10 % dans le secteur de la French Tech.

Le point sur la situation du secteur de l’immobilier face à la révolution digitale

Pour l’heure, la majorité des start-ups misent sur le secteur de la construction pour profiter de marchés estimés à plusieurs milliards d’euros. Les économies d’énergie, le recyclage et la domotique attirent leur convoitise. Seulement 29 % des start-up de la “PropTech” se tournent vers les principales problématiques de l’immobilier tertiaire.

Malgré des investissements estimés à 36,5 milliards en 2019, le secteur de l’immobilier tertiaire n’intéresse pas autant les start-up. Cette réticence s’explique d’abord par la complexité des activités. La gestion locative et le manque de réactivité des grandes entreprises dans la prise de décision accentuent le problème. En effet, ces structures ne prennent pas encore conscience des avantages que la transformation digitale pourrait apporter à leurs activités. De même, les gisements de productivité à saisir ne sont pas encore évidents.

Il faut pourtant noter que cette peur sera temporaire compte tenu de l’avènement de cette génération de travailleur boostée par internet. Bientôt, elle représentera la majorité des effectifs. En plus, d’ici quelques années, les services immobiliers se feront par internet. On assistera alors à une vulgarisation de l’accès à l’information.

Les innovations à retenir

Ce nouvel eldorado numérique sera porté par l’accès à l’information. Désormais, les starts-up auront la possibilité d’accéder aux données. En plus, l’analyse se fera en temps réel afin de proposer aux utilisateurs une réelle plus-value. Le marché sera alors plus transparent.

Le rachat récent d’un site spécialisé dans l’immobilier résidentiel par un grand groupe immobilier marque cette avancée. En effet, le site était considéré comme leader dans l’estimation en ligne des biens immobiliers résidentiels. Aussi, le fait pour les grands groupes d’avoir accès à une donnée qualifiée ne fait que renforcer leur position. En plus, ils pourront élargir leurs offres et mettre en place une barrière à l’entrée technologique.

Dans l’univers de l’immobilier tertiaire, la plupart des start-up se développent sous forme de Software as a Service (SAAS). Voici quelques exemples :

  • MyTraffic : il offre la possibilité d’accéder à une analyse précise du flux, et ce, partout en France. C’est un acteur de choix puisqu’il est apte à conseiller les acheteurs dans la prise de décision d’achat. Il aide également les enseignes à se fixer sur un emplacement de qualité.
  • KelFoncier : cette start-up offre une vision précise de toutes les opportunités foncières en France et donc une vision claire du marché. En plus, elle donne accès aux contacts des propriétaires, une véritable caverne d’Ali baba pour les promoteurs immobiliers.
  • Telescop vise à faciliter la prospection des professionnels de l’immobilier dans l’univers tertiaire. Pour ce faire, elle met à leur disposition une fiche descriptive de tous les bâtiments existants. Grâce aux informations, ces professionnels trouvent facilement des biens suivant les critères du mandat (surface, prix de vente du fonds de commerce, rotation des locataires, contact du propriétaire).

Vers la transformation du marché classique de l’immobilier d’entreprise

Même si le modèle du SAAS domine le domaine de la PropTech, ses avantages se limitent à la productivité. En effet, il n’est pas en lice de se mesurer à une industrie. Aujourd’hui, ce sont uniquement les acteurs majeurs qui ont le pouvoir de changer la donne du marché.

Le Marketplace reste ainsi le point focal du système économique actuel. Pour cause, il est apte à s’adapter aux besoins de l’économie du marché et fluidifier ainsi les liquidités dans le cadre des échanges entre offre et demande.
Dans l’univers de l’immobilier commercial, une start-up a fait le pari en mettant en place à l’opposé du modèle de “dépôt d’annonce”. Les cofondateurs se sont lancés dans la création d’un site spécialisé dans le marché immobilier, mais en s’inspirant de la structure d’une plateforme de rencontres. Contrairement aux schémas classiques, les instigateurs de ce projet se basent sur la recherche de l’acquéreur. Elle est ensuite envoyée à tous les professionnels spécialisés en immobilier commercial pouvant avoir le bien idéal, et ce, en temps réel.

Ce nouveau concept permet aux futurs acquéreurs de consulter des dossiers confidentiels “off market”. Rappelons que ces documents ne peuvent être partagés sur des sites de vente de biens immobiliers. De plus, il donne une image industrielle au modèle de chasseur immobilier. Par ailleurs, le site permet aux acteurs d’économiser leur temps, tant dans la recherche que le choix des biens immobiliers.

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